mercredi 3 février 2010

L’HOMME QUI RIT: Le nouvel album de David & son poche = HAINE est sorti !

L’HOMME QUI RIT: Le nouvel album de David & son poche = HAINE est sorti !



La vie du chanteur David & son poche = HAINE n'a pas toujours été rose. Une calvitie précoce, une vasectomie ratée et une manie obsessionnelle pour le kitsch l'ont mainte fois conduit à se faire interner. S'il se porte mieux aujourd'hui, ce n'est pas sans séquelles: une sensibilité exacerbée et l'âme à fleur de peau. On comprend, dès lors, la gamme de sentiments qui traversent son oeuvre musicale.

L'HOMME QUI RIT est le troisième album de David & son poche = HAINE. Lors de la sortie de son premier album, en 2002, la musique de centre d'achat ne connaissait pas le succès qu'elle peut avoir aujourd'hui. Mais cela n'a pas empêché notre brillant compositeur de s'accrocher à son rêve et de devenir la star que nous connaissons aujourd'hui.



Lorsque nous avons demandé à David & son poche = HAINE ce qui l'avait engagé dans la musique d'ambiance, il nous a répondu, de sa voix éthérée:

- J'étais seul au milieu de mon salon. Nu, je méditais, le sexe enveloppé dans une tranche de pastrami. Soudain, un son clair résonna dans ma tête avec violence. Je succombai. À mon réveil, je me trouvais dans un centre commercial. Une lumière douce nimbait le tout. Le plafond s'eventra et je vis la plus sensationnelle scène de ma vie. Tout était musique ! Cette scène, c'est l'idée que je me fais du ciel et des anges qui l'habitent.

mardi 2 février 2010

L’industrie de la pornographie




L’industrie de la pornographie

 
Avec l’avènement d’Internet et de technologies de production médiatique peu coûteux, la pornographie, qui était un phénomène marginal jusqu’à la fin des années 1960, emprunte aujourd’hui les canaux de communication des médias de masse. Dans le cadre de cet essai, nous aborderons le phénomène de la pornographie selon une approche critique de l’analyse des médias. Nous verrons comment la pornographie s’est transformée au cours de son processus de massification et quelles sont les formes d’idéologie qu’elle véhicule. Nous considérerons également les effets sociaux qu’elle engendre.

Avant sa massification, la pornographie pouvait provenir d’artistes et d’écrivains célèbres, représentants d’une culture dite « sérieuse ». Mentionnons, par exemple, Théophile Gauthier, Pierre Louÿs, Guillaume Apollinaire, Gregory Corso, Jack Kerouac, Henry Miller et Anaïs Nin. Certains ouvrages ont été qualifiés de pornographiques à leur parution parce qu’ils dérogeaient à ce que le public et l’idéologie dominante considéraient comme conforme aux bonnes mœurs, auquel cas la pornographie s’insérait dans le cadre plus large de la lutte idéologique qui opposait les éléments progressistes de la société à ceux de la réaction. À ce titre, mentionnons l’exemple de l’Origine du monde, de Gustave Courbet. La toile, peinte en 1866, remettait en question, par une représentation réaliste - pour ne pas dire crue - du bas-ventre d’une femme, l’hypocrisie bourgeoise des nus idéalisés des peintres académiques de l’époque. Enfin, le phénomène de la pornographie pouvait revêtir un caractère subversif en tant que fruit de l’art populaire, à l’image des Eight Pagers.

Les Eight Pagers sont des livrets à saveur pornographique qui caricaturent des personnages de bande-dessinées et des vedettes célèbres. Il s’agit de bande-dessinées de médiocre qualité, produites et vendues clandestinement entre les années 1920 et 1960, aux États-Unis (ou possiblement à Tijuana, à l’usage des touristes américains, d’où le surnom de Tijuana Bibles). Dans L’industrie culturelle revisitée, T. W. Adorno (1963) considère les arts mineurs, issus du peuple, comme caractéristiques d’une résistance frondeuse qui échappe au contrôle social et dénonce sa récupération par l’industrie culturelle, laquelle se place du côté de l’idéologie dominante et du pouvoir institué. Les Eight Pagers sont issus des arts mineurs en tant qu’ils s’inscrivent dans la tradition des illustrés populaires, débutant avec les xylographies du XVe siècle, vendus par colportage. Ils sont porteurs d’une volonté de tourner en dérision les produits de l’industrie culturelle et de résister aux lois et aux valeurs d’une société puritaine qui en condamne la possession pour obscénité.

La pornographie de masse telle que nous la retrouvons au XXIe siècle ne peut en aucun cas être assimilée aux formes de pornographie que nous venons d’énoncer. L’industrie de la pornographie engendre des revenus annuels de 57 milliards de dollars américains. L’Internet compte 372 millions de pages web à contenu pornographique. Ces chiffres démentent la diffusion confidentielle et illicite de la pornographie à ses origines et démontrent la grande rentabilité des entreprises qui œuvrent dans ce secteur économique. Ces entreprises se positionnent du côté du capitalisme et ne peuvent qu’en supporter l’idéologie. En effet, comme l’ensemble des entreprises médiatiques, l’industrie de la pornographie ne peut être florissante que dans le contexte d’une démocratie libérale reposant sur le système capitaliste, caractérisée par les libertés d’expression et d’entreprise. L’absence de ces libertés ramènerait la pornographie à un phénomène marginal et peu rentable, car la production clandestine est, par définition, limitée. Dès lors, elle devient coûteuse, car incompatible avec les économies d’échelle nécessaires à la génération de profits substantiels.

Selon le fonctionnement de la législation canadienne, l’industrie de la pornographie ne peut être en aucun cas le véhicule de contenus progressistes ou subversifs. D’une part, la recherche du profit propre à une production de masse interdit généralement l’audace, financièrement risquée. D’autre part, la pornographie n’est permise par la loi canadienne que si elle est dédouanée de toute obscénité. La loi considère comme obscène : « toute publication dont une caractéristique dominante est l’exploitation indue des choses sexuelles, ou de choses sexuelles et de l’un quelconque ou plusieurs des sujets suivants, à savoir : le crime, l’horreur, la cruauté et la violence » . Le terme « indue » laisse une large place à l’interprétation. Les juges s’appuient alors sur les valeurs morales de la société et sur ce qu’ils considèrent comme étant son seuil de tolérance en matière de sexualité. Au-delà de la subjectivité évidente de ce seuil de tolérance, il appert que pour demeurer légale, la pornographie se doit d’être à la traîne des mœurs de la société où elle est diffusée. Elle ne peut faire office d’avant-garde ni chercher à transformer ses valeurs morales. Au contraire, elle ne peut que véhiculer un contenu moyen. C’est ainsi que les cinémas spécialisés dans les films pornographiques sont devenus légaux dans les années 1970, suivant la libération sexuelle des années 1960. Qui plus est, l’industrie de la pornographie est vulnérable face au pouvoir institué, car celui-ci peut aisément utiliser l’imprécision des termes de la loi pour exercer un contrôle sur toute entreprise ou tout contenu qu’il juge subversif. Notons que la loi est plus explicite lorsqu’il s’agit de protéger les mineurs. De plus, les mouvements féministes luttent pour la dignité des femmes et tendent à faire redéfinir l’interprétation de la loi en soulignant que la pornographie est préjudiciable aux femmes en ce qu’elle offre des représentations dégradantes de celles-ci et qu’elle les réifie.

Dans L’homme unidimensionnel, Herbert Marcuse dépeint l’art et la poésie comme des éléments subversifs, car ils préservent l’esprit critique, le besoin de libération des dominés, ainsi que la conscience de leur aliénation, laquelle résulte de la répression émanant du pouvoir institué et, indirectement, par le système capitaliste que le pouvoir défend. La sublimation, qui résulte de l’art et la poésie et que Marcuse définit comme une distanciation artistique, est incompatible avec une société massifiée et capitaliste, car celle-ci assimile son contenu antagonique. C’est par leur mise en circulation commerciale que l’art et la poésie subissent une désublimation. L’esprit critique est donc aboli et remplacé par une satisfaction médiatisée.



L’industrie de la pornographie a transformé la sexualité de la même façon que la culture de masse a dénaturé la culture. Si la sexualité était originalement considérée comme une valeur d’usage, elle a été convertie en valeur d’échange, en simple marchandise. Qui plus est, dans la transformation, la sexualité a été dépouillée de son pouvoir subversif, de son pouvoir de résistance face aux normes et aux mœurs telles que définies par l’idéologie dominante et dont la libération sexuelle des années 1960 constitue une illustration. La capacité du système capitaliste à récupérer les idéologies contestataires est à ce titre exemplaire. Marcuse écrit, à propos de la massification de la culture, que « [c]’est en vertu d’une satisfaction matérielle progressive que se sont effectuées la conquête et l’unification des opposés » . Ce qui est vrai pour les contenus médiatiques grand public l’est aussi pour la pornographie.



En faisant de la sexualité une marchandise, la pornographie a également entraîné une redéfinition des rapports sexuels des individus. En effet, si les productions médiatiques sont des constructions sociales et qu’elles influencent les modes de représentation que se font les individus de la réalité, la pornographie s’insère dans la représentation qu’ils se font de l’acte sexuel. Ainsi, nous sommes en droit de penser qu’elle tend à transformer les pratiques sexuelles en transactions commerciales, les dépouillant de toute recherche de réciprocité de la part des partenaires. Ce faisant, elle renforce l’idéologie capitaliste véhiculée par la classe dirigeante en soutenant l’idée que tout est marchandise et que le commerce pourvoit à tous les besoins.



Par le déséquilibre des rapports qu’elle dessine entre les hommes et les femmes, la pornographie renforce également l’idéologie patriarcale et la domination des femmes. Celles-ci sont exclusivement soumises à la satisfaction sexuelle des hommes (les hommes mis en scène et les consommateurs de pornographie) et aux pires dégradations. Les femmes sont systématiquement souillées, maltraitées et humiliées. Certains contenus simulent même le viol, acte de domination par excellence. La réification des femmes et la marchandisation de la sexualité sont telles que les sites pornographiques personnalisent leurs contenus et les classent selon les types de pratiques sexuelles représentées, les parties anatomiques exposées et leurs mensurations, les caractéristiques ethniques, sociologiques, professionnelles, et physiques des participants et les degrés de brutalité et de domination exercés dans leurs relations. Par exemple, un annuaire en ligne, qui recense les sites pornographiques disponibles sur l’Internet, se subdivise en près de 650 rubriques différentes.



Comme nous venons de le voir, l’industrie de la pornographie partage de nombreuses caractéristiques avec les entreprises capitalistes conventionnelles et ses contenus peuvent être envisagés selon les mêmes outils intellectuels que les contenus médiatiques adressés au grand public. Loin de s’en tenir à générer des profits, la pornographie est également le véhicule de l’idéologie dominante de la classe dirigeante. Elle renforce le statu quo au sein de la société. En considération des nombreux effets négatifs que l’on prête à la pornographie, il semble de plus en plus pertinent de l’étudier en tant que phénomène médiatique


lundi 1 février 2010

Petit TOTAL illustré













Comment fabrique-t-on les grandes personnes ?
Tout le monde ne franchit pas le cap de l'enfance. On estime qu'il faut la substantifique moëlle de quatre jeunes garçons pour fabriquer un adulte de taille moyenne. Illustrée ci-dessus, une fabrique de Repentigny.












Comment les liens se créent
Réunis dans un même bassin sous forme de pâte, les enfants de Boucherville apprennent ce qu'est la sociabilité et seront par la suite moulés en un îlot de production, de manière à faire corps et à répondre aux exigences de l'industrie de la nouvelle décennie.
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